Votre traducteur, ce bilingue pas comme les autres

Le client novice qui doit pour la première faire traduire un texte se pose souvent la même question : un de mes vendeurs (ingénieurs, secrétaires…), est bilingue, pourquoi ne traduirait-il pas mon texte? Un traducteur est dans de tels cas souvent perçu comme un bilingue… qui coûte plus cher! La réponse la plus fréquente a l’air d’aller de soi : il ne suffit pas d’être bilingue pour traduire, et même un traducteur (au minimum bilingue par définition) ne saurait tout traduire. Oui mais, pourquoi? Qu’est-ce qui distingue une personne bilingue d’un traducteur?

Voici une courte réponse*. Les bilingues apprennent normalement à parler deux langues dans des contextes différents, l’une à la maison, l’autre à l’école ou au travail ou après avoir émigré ou longtemps vécu dans un pays où la langue de tous les jours est différente. Le vocabulaire, la syntaxe et les autres subtilités d’une langue et de l’autre ne couvrent pas les mêmes champs de connaissances. Les fleurs sont mon exemple préféré. Petite, je me suis beaucoup promenée dans le marais qui jouxtait la maison de ma grand-mère francophone. Avec elle, j’ai appris le nom des fleurs sauvages, des arbres, des petits fruits. En ville, avec ma mère anglophone, ces merveilles n’existaient tout simplement pas. Je n’ai appris à les nommer en anglais, la langue de ma mère, que sur le tard, une fois devenue adulte. J’ai toujours besoin d’un dictionnaire pour trouver le nom des fleurs en anglais, et ces noms n’évoquent rien, ni fragrance ni couleur, ils ne sont que des mots sur le papier. Je suis botaniquement unilingue.

À l’inverse, un ingénieur francophone qui aurait fait ses études en anglais ne saura pas nécessairement traduire un texte technique dans sa langue maternelle. Il a peut-être appris le vocabulaire et la syntaxe de sa profession en anglais, à l’université ou dans le cadre son travail, et personne ne parlait « plans et devis » autour de la table dans son enfance. En tant que bilingue « ordinaire », il connaît le lexique de certaines choses dans une langue et d’autres choses dans sa deuxième langue. Il lui arrive d’ailleurs d’utiliser un mot technique en anglais dans une conversation en français…

Le traducteur est un bilingue qui a appris dans les détails la grammaire de deux langues (au moins) et qui la met en pratique tous les jours dans le cadre de son travail. C’est un bilingue qui connaît deux lexiques non seulement complémentaires, mais parallèles. Il peut, si c’est un domaine qu’il connaît, parler systèmes de chauffage en anglais comme en français, sans mélanger les deux langues. Et s’il ne sait pas tous les mots d’un domaine, ce bilingue pas comme les autres a aussi appris à connaître les outils qui lui permettront de trouver plus d’équivalents, plus rapidement.

*Inspirée de l’excellent ouvrage de François Grosjean, Parler plusieurs langues, Le monde des bilingues, publié aux éditions Albin Michel en 2015. Mon billet ne donne qu’un aperçu de la question, bien entendu! (site Web : www.francoisgrosjean.ch, blogue : www.psychologytoday.com/blog/life-bilingual)

Des traducteurs qui posent des questions : c’est bon signe

Commençons par les bonnes nouvelles : rassurez-vous, un traducteur qui pose des questions est généralement un bon traducteur qui se soucie de votre image, qui veut s’assurer que vous êtes bien compris. S’il s’interroge sur le texte à traduire, ce n’est généralement pas par méconnaissance de la langue ni du sujet du texte. Il arrive en effet que l’auteur utilise un mot qui peut avoir plusieurs sens (polysémie)… ou qu’il emploie un mot dans un sens qu’il n’a pas! Un bon traducteur vérifiera auprès de vous ce que vous avez vraiment voulu dire.

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